En savoir plus sur le CRPL


1. Préhistoire du CRPL

Avant que n’existe un Centre de liturgie, deux autres organismes avaient vu le jour : la Procure romande et la Commission romande de musique sacrée (CRMS). Ceci montre l’importance de la musique et du chant dans le renouveau liturgique en Suisse. La création et l’évolution de la Procure suit approximativement celles de la Commission romande de musique sacrée.

En 1950 – dans la mouvance de l’encyclique sur la liturgie « Mediator Dei » (Pie XII, 1947) - François Charrière, évêque LGF, publie des « Directives concernant la liturgie et le chant collectif dans nos paroisses ». Il donne mandat à la Commission diocésaine de chant sacré d’étudier « le problème du chant collectif des fidèles et de leur participation active aux Offices ». Cette commission se compose de Pierre Kaelin, François Butty et Charles Rossi.

Le premier recueil « D’une même voix » sort de presse le 12 septembre 1955. Il est en vente à Caritas, 6 rue Abbé-Bovet, Fribourg. Il remplace la brochure « Notre sacrifice », publiée par Charles Rossi (1951 1ère édition) et que vendait déjà Caritas (sise alors rue du Tir 6 à Fribourg). Autrement dit Caritas – animée par le Père Victor Vermot MSF, d’illustre mémoire (décédé en 1978)  – soutient matériellement la publication et fonctionne comme dépôt/Procure pour le diocèse LGF. On sait que les autres régions romandes adoptèrent assez rapidement le DMV.

En février 1965, suite à une ordonnance des évêques suisses – lesquels agissent par la Commission suisse de liturgie – Pierre Kaelin, responsable musical LGF – réunit pour la première fois les commissions diocésaines pour la musique sacrée à la cure d’Ouchy. Le 12 avril 1965, seconde réunion, de la Commission romande de musique sacrée « en formation ». Pierre Kaelin écrit à Mgr Louis-Séverin Haller pour lui demander d’approuver la création d’une commission romande. Celle-ci verra le jour en une première réunion le 2 juin 1966.

Aussitôt Pierre Kaelin pose la question d’une « Procure romande ». Cette dernière sera créée juridiquement le 28 janvier 1971 – avec siège au 188 de la rue Pierre-Aeby à Fribourg.

S’agissant du statut exact des membres, ce dernier n’est pas toujours clairement spécifié. Le Père Vermot, directeur de Caritas, a longtemps fonctionné comme administrateur de la Procure. Le 1er avril 1971, lors de l’AG de la CRMS,  le comité de la Procure est formé de Michel Veuthey, président, de Pierre Kaelin et de Bernard Chenaux, membres. L’AG de la CRMS confie à  Pierre Kaelin la responsabilité des finances. En clair on lui demande de trouver des fonds pour faire tourner la boutique. Mlle Thérèse Heimo fonctionne comme directrice de la Procure romande.


2. Création du Centre romand de liturgie

Les premiers p.-v. de la Commission romande de musique sacrée dénotent la relation étroite entre celle-ci et la Commission suisse de liturgie d’une part et le CPL (Centre de pastorale liturgique Paris). Pierre Kaelin et Michel Veuthey participent aux sessions du CPL. On invite les Pères Lucien Deiss, David Julien, Michel Jean et A.-M. Roguet à parler du renouveau liturgique lors de « journées liturgiques » organisées en Suisse romande. En 1965  à Genève, Lausanne, Sion et Fribourg. Lors de la réunion du 6 octobre 1966, à l’abbaye de St-Maurice, Mgr Haller explique aux membres « comment il a été délégué par les Evêques de Suisse romande pour s’occuper spécialement des question musicales dans le cadre de la Commission suisse de liturgie ».

Lors de la journée liturgique de Lausanne (7 février 1966) où participaient quelque soixante prêtres, sous la présidence de Mgr R. Schmidt, le Centre romand de liturgie est à l’ordre du jour : on pose la question « Qu’attendez-vous du Centre romand de liturgie ? » Il existe donc. C’est lui qui a mis sur pied ce type de journée (idem à Delémont, Neuchâtel, Fribourg, Genève et Sion au cours du mois de février : la participation est nombreuse – 150 prêtres à Fribourg). Les Abbés G. Bullet et J. Richoz sont les animateurs du Centre. Le P. Germain Comment SSS tient le secrétariat.

Les p.-v. des années suivantes concernent la double mention de « Commission romande » et de « Centre romand de liturgie ». Participent aux réunions : Mgr L.-S. Haller (St-Maurice), chne Leo Müller (St-Maurice), Abbés G. Oggier (Sion), R. Girard (Bâle), Gabriel Bullet, Jacques Richoz et G. Comment, M. Michel Veuthey. Le premier rapport général de l’activité du Centre se rapporte à l’année 1968. Il fait apparaître le travail important fourni pour la formation du clergé (plusieurs journées de formation), les contacts réguliers avec le CNPL Paris, la présence du CRL au sein de la Commission romande musique sacrée.  En 1969 s’ajoutent la formation des séminaristes, des jeunes religieux et des laïcs ainsi que des émissions régulières à la radio (l’Abbé Richoz étant également un des collaborateurs du futur CCRT). Le CRL participe à la réalisation de messes télévisées ou radiodiffusées. Le Service auxiliaire de l’Eucharistie se trouve en pleine extension. En 1970 ce sont 250 laïcs qui ont reçu le mandat. On assure aussi la formation des lecteurs et la création d’équipes liturgiques en paroisse.  La présence du Centre se manifeste encore dans les milieux des chorales (« Céciliennes ») du canton de Fribourg.

C’est en 1970 que le secrétariat du CRL s’établit au 188 de la rue Pierre-Aeby à Fribourg, dans les locaux de la Procure romande de musique. Jusqu’alors il se trouvait à Marly chez les Pères du Saint-Sacrement. Le CRL restera à la rue Pierre-Aeby jusqu’en 1981, date de son déménagement avec la Procure, au nouveau Centre diocésain de Villars-sur-Glâne.

En 1971 Gabriel Bullet devient évêque auxiliaire pour le diocèse LGF. Le CRL organise la célébration via Jacques Richoz. Ce dernier, cérémoniaire attitré de l’Evêque, se montre actif dans toutes les grandes liturgies diocésaines (ordinations, dédicaces d’églises). en 1976 il se verra confier la charge de vicaire général LGF.


3. Consolidation 

En 1977 Jean-Claude Crivelli, jeune religieux de l’Abbaye de St-Maurice, reprend la direction du Centre romand. C’est également l’occasion de renouveler la Commission du Centre. En font partie : Mgr Gabriel Bullet, Mgr Jacques Richoz et le P. Germain Comment (bureau), Abbés Germain Cuttat (GE), Jean-Marc Dominé (Bâle), Henri Genoud (VD), chne Charles Giroud (Sion … 1979), Abbés Georges Maillard (FR) et Michel Suchet (NE), Sr Magdalena Haeni (religieuses), M. Michel Veutheÿ (CRMS), Abbé Gaston Bourgoin (Calendrier liturgique). Mme Rose-Marie Richoz assure désormais le secrétariat.

Une initiative est prise pour aider au progrès liturgique des communautés : un service de formation liturgique itinérant

En octobre 1984 un congrès réunissait à Rome les présidents et les secrétaires des commissions nationales de liturgie. Mgr G. Bullet et Jean-Claude Crivelli y représentèrent la Suisse romande. On trouvera ci-après le document, rédigé par le secrétaire et présenté par l’Evêques responsable de la pastorale liturgique. Le texte devait être structuré de manière à répondre à un certain nombre de questions posées par la Congrégation du Culte divin.

Le Centre romand de liturgie garda son siège à Villars-sur-Glâne/Fribourg pendant une bonne quinzaine d’années. La cohabitation du Centre avec le Grand Séminaire diocésain favorisa d’heureux échanges. Les séminaristes avaient ainsi facilement accès à la documentation nécessaire à leurs études et à leurs célébrations. Le directeur du CRL, par ailleurs également professeur à l’Ecole de la Foi ainsi qu’à la faculté de théologie, avait la possibilité d’initier concrètement les futurs prêtres à la pratique liturgique. Durant ces mêmes années une fructueuse collaboration s’instaura avec le CCRFP (Centre catholique romand de formation permanente). Co-animateur dans cet organisme, Jean-Claude Crivelli pouvait mettre à profit les recyclages des prêtres romands pour entretenir auprès d’eux le souci de la liturgie.

La collaboration aux chantiers francophones, loin de diminuer, s’accroissait. De nombreux travaux furent exécutés pour le compte de la CIFTL (Commission internationale francophone pour les traductions et la liturgie). La représentation épiscopale au sein de la Commission fut assurée d’abord par Mgr Gabriel Bullet puis par Mgr Henri Salina, Abbé de St-Maurice, qui y laissa un parfum de sagesse pastorale auprès de ses frères évêques.


4.  Entre Bex et Saint-Maurice, un nouvel essor pour la pastorale liturgique 1997

En septembre un nouveau Centre de liturgie entrait en activité à La Pelouse sur Bex. Le nouvel organisme, dûment approuvé par les Evêques de Suisse romande,  prenait le relais du Centre romand de liturgie situé, depuis une quinzaine d’années,  au Centre diocésain de Villars-sur-Glâne/Fribourg.

Un groupe de trois personnes assume dès lors l’animation du Centre :le chne Jean-Claude Crivelli, directeur, avec l'aide du chne Jean Scarcella pour le secteur musical et de Sr Raphaëlle Martin pour le secrétariat. 

En 1998 de nouveaux statuts sont promulgués. Le CRL devient « Centre romand de pastorale liturgique » (CRPL). La CRMS (Commission romande de musique sacrée) devient un des « groupes de tâches » du CRPL, présidé par Jean Scarcella.

1999 voit les essais d’un chœur liturgique au service de la pastorale liturgique. Le CHOLIRO (Chœur liturgique romand) naît en l’an 2000.

En 2000/2001 – en lien avec l’atelier pour organistes de la SRML (Semaine romande de musique et de liturgie) – des stages sont mis en place, préludes à la création d’une école d’orgue liturgique. Les animateurs en sont Mme Hélène Dugal, organiste titulaire de la cathédrale de Montréal, et François Roten, organsite à la Basilique de St-Maurice.


5. Une nouvelle équipe

L'année 2008 est celle des changements profonds pour le Centre : Jean-Claude Crivelli, directeur du CRPL depuis presque 35 ans, prend sa retraite, accompagné de la secrétaire Sr Raphaëlle Martin. De son côté le chne Scarcella quitte aussi le Centre, appelé à reprendre d'autres responsabilités au service de l'Abbaye de St Maurice. 

Pour le remplacer, les évêques suisses nomment le chanoine François Roten directeur du CRPL. Il sera secondé de Sr Claire-Isabelle Siegrist, fraichement diplômée de l'ISL à Paris.